jeudi 17 juillet 2008
jeudi 3 juillet 2008
Le sourire de la Liberté.
Aujourd'hui, en fin d'après-midi (en Guyane), RFi annonce la nouvelle dans la radio ouverte du bureau. Absorbé par le travail quotidien, l'oreille a bien entendu, mais l'esprit n'est pas certain du texte énoncé. Et puis, le journaliste répète. Ingrid Bétancourt est libre. Libérée, avec d'autres otages, par l'armée colombienne. Les forces loyales de ce pays dirigé par le président Uribe. Pourtant de nombreuses fois décrié. Et pourtant.
Ce soir, les télévisions diffusent un visage. Pourtant connu. Dans la douleur. En treillis, on voit une femme parler. La voici, libre, après six années de captivité. Le sourire aux lèvres. L'image paraît surréaliste. On y voit, sur cette image, tant de choses. A commencer par une liberté retrouvée, recouvrée. Et tous ces mots heureux, ces remerciements. La fin d'un calvaire.
Le début d'une seconde vie.
dimanche 22 juin 2008
De l'optimisme.
Pourtant, dit-on, la vie, même sur un fil, est faite de rencontres et de promesses. "Si tu ne tiens pas les petites promesses, comment pourras-tu tenir les grandes?" En substance, voici l'interrogation principale du petit à l'endroit de son aîné. La question d'une vie.
Au final d'une œuvre noire, la beauté de la lumière reprend ses droits. Après une vague hésitation et un linceul. Mais, au vu de ce qui attend ce petit, ce n'est rien. Continuer à y penser, chaque jour. Porter le feu, toujours.
Et puis, revoir nager les rois des rivières, dans une eau claire, translucide et pleine de vie. Avant. Y aura-t-il de la place pour après?
mardi 17 juin 2008
Blanc couleur linceul.
Ici, on crie, on éructe, on pleure presque. La fin est proche, comme dans une chanson de Sinatra.
Quelque part, dans cette grande maison, une réjouissance m'attend. La Route, de Cormac Mac Carthy. Tout simplement époustouflant, génial et grandiose. Epuré et simple. On y raconte la fin d'un monde. Celle du notre qui vient? A voir. Et à lire.
Ce soir, Zurich a une allure de "morne plaine". Plus qu'une défaite. Une déroute.
samedi 14 juin 2008
Quand il n'y a plus de mot(s).
Eh oui, aujourd'hui, la France est en deuil. Le moral en berne, dans les crampons. Le contre-coup est terrible. 4 à 1. Quatre points à un seul tout petit point. Mais on ne parle pas de points dans ce sport, comme on me l'a vertement fait remarquer, en cette funeste fin d'après-midi printanière. Car, dans ce sport, on parle en buts. Quand on arrive à en marquer, cela étant. Oui, cette précision est bien utile, tant nos joueurs seraient "des chèvres et des tocards", comme j'ai pu l'entendre à moult reprises, après qu'on m'eut très justement repris sur le juste emploi des mots foot-balistiques.
Personnellement, cette défaite ne me fait ni chaud, ni froid, pour parler simplement. Sauf que je reste animé d'un esprit républicain certain. Peut-on, à cet effet, voir dans ce sport (excluons-en, un instant, les supporters fous-furieux et hooliganesques) le symbole d'une France unie, combattante, si ce n'est combattive, et avide de victoires ? C'est cela, à mon humble, avis le rêve de cette équipe de France. Celle qui devrait aller au-delà de tous les clivages et de toutes les différences pour atteindre quelque chose de grand.
Aujourd'hui, ce quelque chose de grand était absent du stade. Il manquait un point essentiel. Un but! Et l'envie.
La France va continuer à s'ennuyer.
mercredi 11 juin 2008
Quand tout bascule.
Au-dehors, au loin, la France communie par le ballon rond. On s'emporte, on crie, on râle. On pleurerait presque tant cette équipe de football ne fait plus rêver. Ou si peu.
Aujourd'hui, plus que jamais, la France s'ennuie. Elle trouve alors refuge dans le sport de masse, ces jeux du cirque de l'an 2000. On trompe l'ennui comme on peut.
Dehors, il continue de pleuvoir. Des villages sont plongés sous les eaux, la famine décime des pays en guerre, les familles se déchirent. Et le monde continue de sombrer. La maison brûle.
Mais, rassurons-nous, la France va l'avoir cet Euro 2008. Tout n'est décidément pas perdu dans ce monde à l'abandon!
lundi 9 juin 2008
Jour de semi.
En regardant cette montre ennemie de ma quiétude, j'ai réalisé qu'il fallait mettre mon réveil à 05 heures 40. Tout cela pour aller courir près de 21 kilomètres 100. Une espèce de défi. Une course contre soi et ses limites. Et puis, les autres, aussi. Au final, ce matin, après 02 heures et presque cinq minutes de courses, mon être tout entier a eu raison de cette distance. Accompagné d'un bon camarade, saluant nombre de passants et habitants locaux, discutant et riant souvent, ce travail d'équipe a porté ses fruits.
Prochaine étape: les 20 kilomètres de Paris. Cela sera toute autre chose. En ville, dans la foule. Une autre atmosphère. Toujours sans quiétude.
dimanche 25 mai 2008
Bonne(s) nouvelle(s).
vendredi 16 mai 2008
Alors - nuit #1.
La nuit venait de tomber. Brusquement. Il était là, devant une fontaine, debout. Le regard vague, embué et triste. L'eau coulait doucement. Sur un rythme régulier, il entendait crier dans ses oreilles. Au fond de lui, il sentait venir la pluie. Quelques secondes passèrent.
Soudain, un orage de tous les diables prit la ville. Déjà trempé, il traîna ses pieds en arrière de cette fontaine qu'il admirait, quelques instants auparavant. Comme pour s'échapper, il se mit à courir. Fuyant un ennemi invisible, irréel, il faillit trébucher sur une dalle du sol et se reprit pour quitter au plus vite la place. Personne n'était là pour le voir se rattraper et poursuivre sa course. Presque soulagé, il continua son périple de coureur perdu. Prenant tantôt une rue à droite, tantôt une autre à gauche, il se résolut, finalement, a aller toujours tout droit. Jusqu'où ses pas le mèneraient. Depuis le matin même, il n'avait plus vraiment de but. La vie, le soir même, lui avait arraché son sens. Par défi, il voulait continuer. Presque las, après trente années d'une existence sans interruption, il avait conclu un marché avec lui-même. Toujours aller de l'avant, même au prix de larges et lourds sacrifices. Bien que sa vie fut mouvementée, durant les dernières décennies, il prit le parti d'en rire, durant toute une soirée, la tête et l'esprit dans les vapeurs d'un bar minable de la ville.
S'accrochant au zinc comme on s'accroche à une bouée de sauvetage après le naufrage, il écuma et épuisa les réserves du lieu. Ce n'était pas son habitude. Au bout de quelques verres, il faillit s'écrouler. Mort. Et puis non. Dans un sursaut de réalité et d'aération, son souffle reprit le dessus. Mécaniquement. Voulant trouver les toilettes, il se mit à vomir à proximité du bar, non sans provoquer le dégoût et l'énervement du patron. On entendait brailler dans la salle. Quelques compagnons d'infortune à qui on avait offert un whisky rirent et allèrent aider celui qui s'affaissait et titubait. Des dialogues sourds et tonitruants s'engagèrent. Chacun y allant de son explication et de son conseil. Notre homme, au final, put atteindre son lieu salvateur. Il ouvrit un cabinet, le referma aussitôt et se pencha en avant. Son corps était soudain devenu lourd pour arriver à terrasser sa propre force. Presque en train de vaciller, il fut pris d'une envie volubile. Éructant, hoquetant, il fit sortir tout son mal. Ses maux étaient profonds et odorants. Vidé, il s'en retourna tout près du zinc.
Le patron s'était calmé et riait alors qu'on lui commandait une nouvelle tournée. Le pardon tient parfois à peu de choses. L'homme, nouveau, reprit un verre. Rapidement, il fit un geste vers le ciel. Rien ne déborda. Un miracle que personne n'expliqua. Marmonnant, il fit faire une jonction rapide entre ses lèvres et la froideur du verre amer. Dans un tremblement, il sentit l'alcool parcourir son corps. Au plus profond de ses viscères, il sentait le breuvage le tirailler. Des images débiles se formèrent dans son esprit fatigué et plongé dans l'abstraction de ce monde voisin. Il se rappelait, maintenant, ce qui l'avait poussé ici. Une lettre. Quelques pages de papier noirci. Une encre trempée dans une amertume pleine de nostalgie. Ou la lassitude, tout du moins. La personne qu'il aimait s'en était allée. La lecture avait été douloureuse et musicale. Leur chanson était en boucle dans sa tête. Les rythmes électroniques percutaient de manière lancinante ses tempes, sa cervelle. Il éprouvait la force des notes et leur dureté aussi. Une rythmique parfaite l'anéantissait jusque dans ses lobes occipitaux. Se figurant l'intérieur de sa boîte crânienne, il voulut l'ouvrir pour en chasser ces démons devenus siens. Perturbé par la pensée de son intériorité, il commanda un autre verre. Sans glaçon, cette fois-ci. Ma déchéance n'en sera que plus rapide, pensait-il. Bu en une fraction de seconde, le verre claqua aussi vite le comptoir. Il marmonna quelques mots au serveur qui opina du chef avant de pousser vers son hôte une bouteille remplie d'un liquide transparent. Loin d'être apaisé et déchu, il s'essuya rapidement la bouche avec la manche de sa chemise. Il saisit alors avec douceur la bouteille et contempla son étiquette. Comme un gamin qui découvre l'océan, il resta hébété à fixer les inscriptions apposées dans une langue qu'il ne connaissait pas. Ne voulant aller plus en avant, il se pencha, lentement pour porter le goulot à sa bouche. Dans un mouvement décomposé, il se pencha en arrière, accompagna la bouteille et senti le breuvage dans sa bouche. Cette eau de vie de l'Oural lui tortura les gencives avant d'endolorir sa langue et de passer dans son œsophage. Maintenant, le chemin était fait et la seconde gorgée s'annonçait. Sans y penser, il ramena la bouteille devant lui, à quelques centimètres de son visage. Il avait la cruelle impression que toute l'assemblée l'observait. On assistait à la chute d'un géant. Quoique... De loin, il paraissait robuste. Mais de près, le constat de sa déchéance était éclatant.
Ce soir-là, il décida de s'extraire, en pensées, loin de cet environnement qui l'entourait. Un sentiment d'égoïsme l'envahit vis à vis du monde. Lui qui avait presque sacrifié sa vie jusqu'ici pour les autres se sentait, ce soir, étranger et incomplet.
Après quelques heures passées dans ce bouge perdu entre Abbesses et Pigalle, il trouva la force d'en sortir. Un coup d'œil à sa montre lui indiqua 04 heures 45. Au loin, il sentait le soleil poindre. La tête et l'esprit encore embués, il trouva un bref réconfort à l'intérieur d'un abribus. Seul. Reprenant, peu à peu, conscience du monde environnant et de sa vie, il se leva d'un geste d'ensemble bref et raide. Il foula le pavé, passa de trottoirs en trottoirs avec une allure inhabituelle et rapide. Petit à petit, il s'aperçut qu'il prenait le chemin de son foyer. Saint-Lazare se profilait au bout de la rue d'Amsterdam. Les rayons du soleil inondaient la ville qui s'éveillait. Un nouveau jour venait de commencer. A quelques mètres de son foyer, le téléphone sonna. Vibrant au fond de sa poche de costume, il y glissa la main pour sortir l'appareil tactile. «Bureau».
Il ne répondit pas et poursuivit sa route. Fatigué, mais bienheureux. Et empli de sens.
lundi 12 mai 2008
Et la nuit.
