dimanche 25 mai 2008
Bonne(s) nouvelle(s).
vendredi 16 mai 2008
Alors - nuit #1.
La nuit venait de tomber. Brusquement. Il était là, devant une fontaine, debout. Le regard vague, embué et triste. L'eau coulait doucement. Sur un rythme régulier, il entendait crier dans ses oreilles. Au fond de lui, il sentait venir la pluie. Quelques secondes passèrent.
Soudain, un orage de tous les diables prit la ville. Déjà trempé, il traîna ses pieds en arrière de cette fontaine qu'il admirait, quelques instants auparavant. Comme pour s'échapper, il se mit à courir. Fuyant un ennemi invisible, irréel, il faillit trébucher sur une dalle du sol et se reprit pour quitter au plus vite la place. Personne n'était là pour le voir se rattraper et poursuivre sa course. Presque soulagé, il continua son périple de coureur perdu. Prenant tantôt une rue à droite, tantôt une autre à gauche, il se résolut, finalement, a aller toujours tout droit. Jusqu'où ses pas le mèneraient. Depuis le matin même, il n'avait plus vraiment de but. La vie, le soir même, lui avait arraché son sens. Par défi, il voulait continuer. Presque las, après trente années d'une existence sans interruption, il avait conclu un marché avec lui-même. Toujours aller de l'avant, même au prix de larges et lourds sacrifices. Bien que sa vie fut mouvementée, durant les dernières décennies, il prit le parti d'en rire, durant toute une soirée, la tête et l'esprit dans les vapeurs d'un bar minable de la ville.
S'accrochant au zinc comme on s'accroche à une bouée de sauvetage après le naufrage, il écuma et épuisa les réserves du lieu. Ce n'était pas son habitude. Au bout de quelques verres, il faillit s'écrouler. Mort. Et puis non. Dans un sursaut de réalité et d'aération, son souffle reprit le dessus. Mécaniquement. Voulant trouver les toilettes, il se mit à vomir à proximité du bar, non sans provoquer le dégoût et l'énervement du patron. On entendait brailler dans la salle. Quelques compagnons d'infortune à qui on avait offert un whisky rirent et allèrent aider celui qui s'affaissait et titubait. Des dialogues sourds et tonitruants s'engagèrent. Chacun y allant de son explication et de son conseil. Notre homme, au final, put atteindre son lieu salvateur. Il ouvrit un cabinet, le referma aussitôt et se pencha en avant. Son corps était soudain devenu lourd pour arriver à terrasser sa propre force. Presque en train de vaciller, il fut pris d'une envie volubile. Éructant, hoquetant, il fit sortir tout son mal. Ses maux étaient profonds et odorants. Vidé, il s'en retourna tout près du zinc.
Le patron s'était calmé et riait alors qu'on lui commandait une nouvelle tournée. Le pardon tient parfois à peu de choses. L'homme, nouveau, reprit un verre. Rapidement, il fit un geste vers le ciel. Rien ne déborda. Un miracle que personne n'expliqua. Marmonnant, il fit faire une jonction rapide entre ses lèvres et la froideur du verre amer. Dans un tremblement, il sentit l'alcool parcourir son corps. Au plus profond de ses viscères, il sentait le breuvage le tirailler. Des images débiles se formèrent dans son esprit fatigué et plongé dans l'abstraction de ce monde voisin. Il se rappelait, maintenant, ce qui l'avait poussé ici. Une lettre. Quelques pages de papier noirci. Une encre trempée dans une amertume pleine de nostalgie. Ou la lassitude, tout du moins. La personne qu'il aimait s'en était allée. La lecture avait été douloureuse et musicale. Leur chanson était en boucle dans sa tête. Les rythmes électroniques percutaient de manière lancinante ses tempes, sa cervelle. Il éprouvait la force des notes et leur dureté aussi. Une rythmique parfaite l'anéantissait jusque dans ses lobes occipitaux. Se figurant l'intérieur de sa boîte crânienne, il voulut l'ouvrir pour en chasser ces démons devenus siens. Perturbé par la pensée de son intériorité, il commanda un autre verre. Sans glaçon, cette fois-ci. Ma déchéance n'en sera que plus rapide, pensait-il. Bu en une fraction de seconde, le verre claqua aussi vite le comptoir. Il marmonna quelques mots au serveur qui opina du chef avant de pousser vers son hôte une bouteille remplie d'un liquide transparent. Loin d'être apaisé et déchu, il s'essuya rapidement la bouche avec la manche de sa chemise. Il saisit alors avec douceur la bouteille et contempla son étiquette. Comme un gamin qui découvre l'océan, il resta hébété à fixer les inscriptions apposées dans une langue qu'il ne connaissait pas. Ne voulant aller plus en avant, il se pencha, lentement pour porter le goulot à sa bouche. Dans un mouvement décomposé, il se pencha en arrière, accompagna la bouteille et senti le breuvage dans sa bouche. Cette eau de vie de l'Oural lui tortura les gencives avant d'endolorir sa langue et de passer dans son œsophage. Maintenant, le chemin était fait et la seconde gorgée s'annonçait. Sans y penser, il ramena la bouteille devant lui, à quelques centimètres de son visage. Il avait la cruelle impression que toute l'assemblée l'observait. On assistait à la chute d'un géant. Quoique... De loin, il paraissait robuste. Mais de près, le constat de sa déchéance était éclatant.
Ce soir-là, il décida de s'extraire, en pensées, loin de cet environnement qui l'entourait. Un sentiment d'égoïsme l'envahit vis à vis du monde. Lui qui avait presque sacrifié sa vie jusqu'ici pour les autres se sentait, ce soir, étranger et incomplet.
Après quelques heures passées dans ce bouge perdu entre Abbesses et Pigalle, il trouva la force d'en sortir. Un coup d'œil à sa montre lui indiqua 04 heures 45. Au loin, il sentait le soleil poindre. La tête et l'esprit encore embués, il trouva un bref réconfort à l'intérieur d'un abribus. Seul. Reprenant, peu à peu, conscience du monde environnant et de sa vie, il se leva d'un geste d'ensemble bref et raide. Il foula le pavé, passa de trottoirs en trottoirs avec une allure inhabituelle et rapide. Petit à petit, il s'aperçut qu'il prenait le chemin de son foyer. Saint-Lazare se profilait au bout de la rue d'Amsterdam. Les rayons du soleil inondaient la ville qui s'éveillait. Un nouveau jour venait de commencer. A quelques mètres de son foyer, le téléphone sonna. Vibrant au fond de sa poche de costume, il y glissa la main pour sortir l'appareil tactile. «Bureau».
Il ne répondit pas et poursuivit sa route. Fatigué, mais bienheureux. Et empli de sens.
lundi 12 mai 2008
Et la nuit.

samedi 10 mai 2008
21 à 20.
mercredi 7 mai 2008
La marge.
jeudi 1 mai 2008
Veille de pont.
Loin dans le temps, et loin dans l'espace.
mardi 29 avril 2008
Suspend ton vol.
jeudi 24 avril 2008
mercredi 23 avril 2008
25 choses que je sais de moi.
Alors qu'est sorti sur nos écran 27 robes, voici 25 pensées de votre serviteur.1. J'aime l'idée de courir un kilomètre en moins de cinq minutes et d'en parcourir huit en 40 minutes et treize secondes.
2. J'aime l'idée d'une vie à deux.
3. J'aime penser que durant près de 90 jours, je vais manquer à quelques personnes.
4. J'aime me souvenir de ces quelques mots, écris en 1998, par une personne qui m'est toujours chère: "Tu es quelqu'un de bien. Avance toujours avec confiance".
5. J'aime connaître par cœur l'incipit de l'Etranger, de Camus. Et à peu près sa toute fin. A peu près, j'ai dit...
6. J'aime mon métier.
7. J'aime l'idée d'avoir eu une carte de presse, en 2004, numérotée 99991. A 9 près, j'étais 100 000e !
8. J'aime (quoique pas trop) l'idée d'avoir presque toujours voté pour un candidat qui n'a jamais été élu, toutes élections confondues!
9. J'aime la plupart des membres de ma famille.
10. J'aime l'idée selon laquelle les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits. Un peu moins la réalité.
11. J'aime aller au cinéma régulièrement, un peu moins de m'en passer pendant trois mois.
12. J'aime prendre le métro. Même sans Zazie. Quoique toujours, ou presque, en musique.
13. J'aime l'idée d'être superstitieux.
14. J'aime la pluie, surtout après le passage d'une tondeuse.
15. J'aime être réveillé par le soleil, un petit matin de printemps.
16. J'aime parler en public, surtout pour être applaudi en suite.
17. J'ai aimé faire de la radio, durant un été de canicule, en 2003. Même si c'était à Clermont-Ferrand.
18. J'aime l'idée de se noyer dans son travail.
19. J'aime le café, à tout moment de la journée. Le thé n'arrivant pas loin derrière.
20. J'aime l'idée de savoir que mon petit frère (21 ans tout de même) va passer une bonne partie de son été aux Etats-Unis, à la méthode du Routard.
21. J'aime manger au restaurant. Surtout quand c'est à l'Hôtel!
22. J'aime discuter des heures sur tout, sur la vie, sans réellement apporter de réponses, tout en sachant que rien ne changera.
23. J'aime l'idée d'être d'une humeur toujours égale.
24. J'aime être toujours optimiste.
25. J'aime l'idée qu'un jour tout s'arrêtera.
Drôles de jeux.
Aujourd'hui, le nouveau film de Michael Haneke sort sur les écrans hexagonaux. Voici donc le remake, plan par plan, de son film de 1997, qui était, à l'époque, en langue allemande, d'où le peu d'intérêt suscité à l'époque.Mais aujourd'hui, tout change! Les acteurs sont anglophones et connus. Tim Roth, Naomi Watts et Michael Pitt, pour ne pas les citer, vont au carton!
Ce film que j'ai vu lundi soir, en avant-première à guichets fermés, pose pas mal de questions. Certes, ce film est relativement violent, quoiqu'on ne voie pas forcément tout le temps ces scènes de cruauté.
Le mot est lancé, en effet, ce film outre le fait d'être dérangeant est, et reste, cruel. Car, deux jeunes hommes attaquent un couple bien sous tous rapports avec leur fils Georges Jr et leur chien Lucky. Tant et si bien, qu'on arrive parfois à se demander si tout cela n'était pas bien fait pour eux. Un juste retour des choses quant à cette suffisance affichée, cette manière d'être péremptoire et si sûr de soi...
Tout bascule, soudainement, à cause de quelques œufs. C'est à dire pour rien. Je ne vais pas raconter l'histoire, mais tout est subtilement amené et brossé.
Durant tout le film, à mon humble avis, le statut du spectateur évolue. D'abord témoin, juge ensuite, et complice, enfin. Haneke dérange celui qui est venu voir son film sans trop se poser de questions. Au cours d'une avant-première américaine, le réalisateur avait souhaité à ses hôtes "une séance dérangeante". Le pari est tenu. Surtout durant les dernières minutes du film. La dernière image, plan figé, ne laisse pas indifférent. On sait que cela allait mal finir, mais à ce point, tout de même! Sans compter que la vie est un éternel recommencement...
