vendredi 22 janvier 2010

Lettre aux dresseurs de loulous et autres enfants terribles.

Très chers tous,

La nouvelle m'est arrivée en fin de matinée (mercredi 20 janvier 2010, ndlr). Super Nanny, the Redresseur de torts des parents rabroués par leurs progénitures, s'en est allée voir si l'herbe était moins folle dans quelque autre halte-garderie d'Outre-tombe. Sale temps pour les parents, décidément. Pour sûr, j'en connais qui doivent trouver, dans cette bien chagrine nouvelle, force réconfort. Oui, l'école est maintenant bien finie. Adieu les leçons de bonne tenue prodiguées par la quadra de noir vêtue et au verbe houleux. Bonjour tristesse et dépression pour la foule des parents incompétents et laxistes. Et mous. La vie est souvent injuste.
Notre Mère Denis de l'éducation juste est allée dresser les chérubins du Paradis. Et les petits affreux de l'Enfer. La tâche s'annonce tout aussi dure et délicate là-bas aussi. Autres lieux, autres mœurs.
Ce soir, je pense à tout ce petit monde laissé comme orphelin. Et puis me vient cette question: notre Sainte éducatrice avait-elle des descendants? Si oui, j'espère qu'ils garderont une image apaisée de leur mère. Loin des clichés embourbés de la télé.

Salut l'Ancienne. Et respect. Voici ce que te doit, ce soir, l'enfant terrible que je suis resté.

dimanche 15 novembre 2009

Lettre à France.

Chère Toi,


parfois, lorsque je m'éveille, je te regarde. Vivre, courir, trébucher, haleter, jongler... En silence. Parfois, dans la fureur. Ah, tu n'es pas toujours la plus belle. Mais je veux te rester fidèle. Oui, j'ai le mal de toi. Souvent. Surtout lorsque je vois comment tes enfants te malmènent, te tancent et te vilipendent. Suis-je aussi comme eux? Semblable à ces âmes tourmentées et égarées que tu tentes d'élever de ton mieux. Et qui au lieu de rendre grâce préfèrent mettre à sac ton héritage. Je suis à des années de tout cela. Car, j'ai étudié ton histoire qui est aussi la mienne. Cette histoire, nous la partageons et j'essaye de faire partie de ceux qui rendent hommage à ta grandeur. Sans trop le dire, de peur de passer pour anachronique, voire extrémiste. T'aimer n'est plus en vogue. Ce siècle a bien mal commencé, il faut dire.


Hier, dans la nuit, je marchais. Sans vraiment penser à toi. Sans but, à dire vrai, si ce n'est cette grosse horloge que je voulais voir de plus près. Les quais de Seine de je ne sais plus quelle rive m'ont permis de regarder une vitrine. Un livre. Documentation française avec un titre bête comme tout et moult fois rebattu: L'Identité nationale. J'ai maugréé. Mais quand arrêtera-t-on avec ce concept qui ne veut pas dire grand chose... Et puis, je t'ai vu sur cette même couverture. Dans un rectangle pas plus grand qu'une boîte d'allumettes. Mais, c'était toi, et tout était dit. Tu portais fièrement ce bonnet phrygien d'une blancheur étincelante. Marbrée. Soudainement, tout m'est apparu clairement. Cette identité nationale, cette certaine idée de la France, c'est toi qui les résume parfaitement. J'ai continué mes pas, enchanté par cette trouvaille, pourtant simplissime.


Ce matin, j'ai vu une photo qui m'a remué les tripes. Le cliché m'a fait chaviré et m'a donné mal. On y voit une voiture retournée et une bande de jeunes autour. L'émeute pour une manifestation pécuniaire annulée pour cause de trouble à l'ordre public. On promettait à la foule des pochettes pouvant contenir de cinq à 500 euros. La préfecture a annulé la distribution. S'en est suivi ce que l'on sait, avec les mots que l'on a pu lire, de droite et de gauche. Voici tes enfants. Puis-je te confier combien j'ai le mal de toi. Et pour toi.


Confraternelles salutations.

Un enfant, parfois, déçu.

mardi 13 octobre 2009

Les yeux dans les yeux #2.

Honfleur - Samedi 10 octobre 2009.

jeudi 17 septembre 2009

Lettre aux 2be3 restant.

Cher Adel, Cher Franck,

à l'heure où on met en bière votre compagnon de chansons, j'ai bien envie de vous envoyer ces quelques lignes. Bien évidemment, et vous vous en doutez, je n'atteindrai jamais la beauté de vos textes. Soyez donc rassurés et néanmoins indulgents à mon endroit. Ce point étant établi, laissez moi vous dire ma tristesse et ma profonde compassion.

Ce mercredi 16 septembre 2009, au petit matin, Filip a quitté la scène artistique qu'il avait tant enrichi à vos côtés. On se souvient tout naturellement de vos innombrables chansons à textes. «2be3», «Partir un jour», «Watchagonnado», «Naviguer sans phare» resteront vos chefs-d'œuvre... Ah la la, que de souvenirs!

En lisant les dépêches, on apprend qu'il est parti dans son sommeil. Overdose de barbituriques? Repos du juste? On ne sait guère. On nous apprend seulement avec certitude qu'il avait 35 ans. Boudiou! 35 piges! Moi qui avais l'impression qu'il était presque centenaire tellement votre époque glorieuse me semblait lointaine. Bon, pour tout vous dire, les gars, je ne savais pas ce que vous étiez devenus tous les trois et encore moins si vous étiez toujours de ce monde.
Ceci dit, ce triste événement a le mérite de faire un point de situation. Déjà, Filip avait débuté sa carrière d'artiste émérite et presque autodidacte au milieu des années 90. C'était il y a une éternité et c'était avec vous deux!
En octobre 1996, donc, votre premier single sortait dans les bacs. «Partir un jour»... Sans retour et tout le baratin... Ces paroles n'ont jamais été autant d'actualité... Non, Franck, non Adel, je ne suis pas cynique. Encore moins amère. Tout juste suis-je un brin taquin. Oui, taquin. Car, il faut bien le dire, les chansons qui ont suivi n'étaient pas d'un niveau très... achevé. Bon, à l'époque les Boys' Bands faisaient fureur auprès des midinettes adolescentes. Alliage, les World's appart, Take that, etc. peuplaient nos cours de récré et nos stations de radio. Si cela peut vous rassurer, eux non plus, on ne sait pas ce qu'ils sont devenus, aujourd'hui... Je ne vous ferai pas l'affront de citer Warhol et son analyse de la célébrité, car même si j'ai la citation qui me démange, je veux que nous restions en bons termes.

Mais, revenons à nos moutons, c'est à dire à vous. Et à Filip. En guise d'hommage, nous lui devons bien cela. Alors, bon, on sait le succès qui fut le votre à l'époque. Eh oui, vous en avez vendu des singles et des albums. Des millions même! En ce temps là, point trop de piratage et l'industrie du disque fleurissait. Sauf que le phénomènes des Groupes de garçons (excusez la traduction pour le moins littérale!) n'a pas duré. Le début des années 2000 a sonné le glas de vos carrières. Chacun a repris sont petit bonhomme de chemin. Qui jouant quelques petits rôles à droite, à gauche; qui devenant représentant dans l'industrie aéronautique. Au final, c'est Filip qui s'en est le mieux sorti. Un pied dans le milieu, il a décidé d'y sauter à pied joint pour rejoindre le commissaire Navarro et la Brigade Navarro, par la suite. Consécration et continuité de célébrité sur le petit écran. Comme quoi...

Alors, oui, ce matin, il ne s'est pas réveillé. On se console comme on peut, en se disant que les ventes de singles vont reprendre en jouant avec la corde sensible. Et puis, on regardera, émus, quelques numéros d'Entrevue ou des images de l'Ina, sur lesquelles vous paradiez, à l'aune de votre célébrité, chez Pascal Sevran. Eh oui, vient un temps où, il faut ouvrir les yeux. Ne penser à rien. Et rêver un peu. Ca, c'était de vous. Finalement, c'était pas si mal...

A plus les gars.
Un collégien sur le retour.

lundi 7 septembre 2009

Lettre à Sim.

Bien cher Sim,

Je t’envoie ces quelques lignes en Outre-tombe, car j’ai appris, ce midi, que tu avais décidé de casser ta pipe. Au moment d’entendre que tu n’étais plus, j’étais bien entouré. Cela a, de fait, atténué ma peine et m’a permis de rester digne dans ce coup d’adversité. D’aucuns, autour de moi, se sont demandés si tu n’étais pas déjà mort. Il faut dire qu’on ne savait pas trop, finalement, ce que tu étais devenu. Tu peuplais, souvent, nos jeux «Mort ou pas mort?» Et, à chaque fois, on ne connaissait pas la réponse; ce qui nécessitait vérification sur un Quid de 1987 ou Wikipedia… Solution vite oubliée, du coup.

Sauf qu’aujourd’hui, c’en est bien terminé. On a parlé d’embolie. Pulmonaire, gastrique, cérébrale? On ne sait guère… Etait-ce bien une embolie d’ailleurs? Tu me diras, dans un rire, le résultat reste le même. Ce n’est pas faux…

Que retenir, du coup, de toi, de ta carrière? Une grosse tête est partie et ne passera jamais plus sur les ondes de cette bonne vieille RTL. C’est aussi ça la vie d’artiste. Tirer son chapeau et sa crampe. Au sens premier du terme. Se faire la belle quoi. Dans un dernier éclat de rire… Ou pas!

Alors, c’est fini. On ne te verra plus dans quelque émission comique où se côtoient les grands noms de l’humour hexagonal. Toi, le petit, le chauve, le facétieux. Exit le dernier défenseur du rire bien de chez nous. Après René le Musclé, il y a quelques jours, c’est une perte énorme qui nous endeuille tous. Tu vois un peu le genre…

Tout à l’heure, en rentrant, je me suis rappelé un pastiche que tu avais osé. Les souvenirs sont flous. Je te revois en presque gros plan, toujours chauve, toujours plein de facétie, chantonner «Où sont passées mes chaussettes…» Après, grand vide. Ce n’est pas si drôle… Qu’il est loin le temps des Grosses têtes et de La Classe…

Noir!


Drôlement vôtre.
Un blagueur abandonné.

vendredi 28 août 2009

Gendarme au placard.

Maisons-Alfort - Vendredi 28 août 2009 - Képi d'officier supérieur abandonné.

jeudi 16 juillet 2009

Soir d'orage.

Dans le ciel de l'Est de Paris - Jeudi 16 juillet 2009 - Hommage nocturne à Benjamin Franklin.

Souvenirs, souvenirs.

Washington D.C. - 04 novembre 2008 - L'espoir en marche.

mercredi 15 juillet 2009

Lettre à Susan B.

Chère Susan,

voici quelques temps que l'on n'a pas eu de nouvelles de toi. Dans quelle émission t'es-tu produite en spectacle, déjà? Tout juste reste-t-il de toi ces quelques notes bien placées sur la chanson I dreamed a dream de la comédie musicale des Misérables au cours d'un télé crochet britannique. Las, on ne se souvient plus que de cela. Et de ta finale ratée. Décidément, tu n'étais pas au rendez-vous.

Tout à commencé, lorsque le jury moqueur et gausseur t'a vue apparaître sur scène. Ton air vaguement revêche, ta démarche hésitante et pour le moins gauche avait de quoi faire sourire. Voire mourir de rire. Comment une voix cristalline aurait-elle bien pu sortir de ce coffre si rustique, se sont demandés les jurés avant de te condamner à mort, télévisuellement parlant. Sauf que, dès les premières paroles que l'on aurait cru éructées, le charme a opéré. C'est cela le charisme, finalement. Tant et si bien que ceux qui se moquaient se sont rapidement levés ou en sont restés assis. Que d'étonnement! La saga Susan Boyle venait de commencer. Et tout s'est ensuite enchaîné rapidement. Au bout de quelques jours, ta séquence, ton moment de gloire, ont été visionnés par des millions d'internautes du monde entier, devenus instantanément fans.

Aujourd'hui, enfin depuis quelques temps, je me pose une question. Comment cela est-il arrivé? Je veux dire, comment le jury, avant ton entrée sur scène et ta prestation hors-norme, a-t-il pu croire que tu étais là par hasard? Je m'interroge logiquement sur l'absence d'information de ces derniers. Chez nous, par exemple, lorsque les apprentis chanteurs se présentent à "Nouvelle star", un jury féroce les a déjà auditionnés. On sait, à peu près, à quoi s'attendre. Pour toi, il n'en était rien. A priori.

Je vais te dire une chose, Susan. J'ai la vague impression que ton mythe a été monté de toute pièce. Ne vois dans mes mots aucune perfidie, ni même envie. Je ne chante que sous là douche, ou en comité restreint. La gloire musicale ne m'intéresse donc pas. Mais, je reste persuadé que tout était organisé et joué d'avance. Tant et si bien que la finale de ton émission a battu des records d'audience. Il y avait, par ailleurs, quelque chose de rassurant à voir une Madame-tout-le-monde accéder à des cieux impossibles...

Chère Susan, je te souhaite de pouvoir te relever et continuer à avoir une vie normale. Tu as eu plus qu'un quart d'heure de célébrité. Tire profit de cela et continue d'avancer. Sereinement.

Amicalement.
Un spectateur dubitatif.

mardi 14 juillet 2009

La tactique de la main tendue.

Mardi 14 juillet 2009 - Paris - Pont Alexandre III.