samedi 23 mai 2009

Qu'en dirait Zazie?

La campagne pour les élections européennes bat son plein. Tout le monde en parle, on nous en rebat même les oreilles. A coup d'envolées lyriques radiophoniques et télévisuelles. L'Europe s'invite même jusque dans nos journaux... Mais pourquoi alors tout le monde s'en fout?

Pour bon nombre de Français, l'Europe c'est déjà trop loin. Et trop compliqué. Un Parlement, une Commission, une Banque centrale... de quoi déstabiliser le plus aguerri des géopoliticiens!

Et puis, il y a cette campagne donc. Qui se mène, tambours battant, depuis près d'un mois. On ressort les Européens convaincus (Cohn-Bendit) et les Eurosceptiques (Villiers)... de quoi amuser la galerie un petit moment... sauf que!

Sauf qu'un spot publicitaire pour inciter les Français à aller voter déchaîne les passions. Ce spot, pourtant, je le trouve bien. Je le kiffe même, comme dirait cette jeune génération appelée aux urnes. Mais, ce spot, on le critique de toutes parts. "Il fait la promotion de la Droite", crie-t-on un peu partout. "On y voit Sarkozy en gros plan". Honte! Bronca! Haro sur "Votons"! Haro sur le Président!

Ce clip, je l'ai vu et revu en boucle. Les rythmes sont entraînant, les images percutantes. On y voit Schuman, le père de l'U.E., de Gaulle, Pompidou, Giscard, Mitterrand, Chirac... et Sarkozy. Quoi de plus normal. Ce sont les acteurs principaux de cette Europe morderne! Et n'en déplaise à une certaine Gauche, on ne voit pas le Président plus que les autres... Il faut arrêter de se cacher derrière son petit doigt...

Quand se donnera-t-on la main comme Kohl et Mitterrand, plutôt que de chercher toujours un argument partisan? C'est ça aussi l'Europe, cheminer vers l'autre... sans idée préconçue... De manière fraternelle... ça vous rappelle quelle chose?!


dimanche 10 mai 2009

L'oiseau tout près du radiateur.

Voici la dure loi de la Nature. Ici l'oiseau n'a eu aucune chance de s'en sortir contre le véhicule conduit par l'Homme... Reposant face au Lion... Tête bêche!

mardi 5 mai 2009

Le complot du jour.

Entendu, ce matin même, à un guichet de la Poste, et attention, c'est du lourd! "Y a pas quatre saisons. En fait, y en a que deux: l'été et l'hiver. Qui sont plus ou moins longues. Le reste, c'est une invention de je sais pas qui..."

Ca valait le coup d'être signalé. Je n'écouterai plus jamais Vivaldi de la même manière. Tous des escrocs!

lundi 4 mai 2009

Avenir flou. Passé trouble.

"Putain deux ans!", pourrait-on s'exclamer pour reprendre les bons mots des Guignols de l'info. Car oui, depuis deux années tout va de travers. Pas plus qu'avant vous me direz. Et vous aurez raison. Mais, depuis ces quelques temps on parle de tout, partout, et en continu. Surtout des mauvaises nouvelles. Un dessin?

Grippe mexicaine, crise financière et sociétale, famine, maladies, guerres, etc. Tout cela, sans compter nos médias d'information(s) en continu. Alors, de fait, nous restons cloîtrés dans ce marasme médiatique et actuel. Pas moyen d'avancer, on vous le dit et le répète à chaque flash. On est dans la m... jusqu'au cou et pas moyen de décoller. Va falloir s'habituer!

Samedi, en traînant des pas nonchalants dans les rayons de quelque grande enseigne culturelle parisienne, cette petite phrase qui en dit long sur notre situation a été entendue: "Au moins avec cette grippe porcine, on parle plus de la crise. Et les gens achètent de nouveau", lançait un vendeur de jeux vidéos à son collègue venu des bacs informatiques... et libertés! C'est que le bougre n'avait pas tort. Ou si peu. Car oui, une actualité en chasse une autre. Parfois très temporairement, épisodiquement, et d'autres fois, plus longuement. M'est avis que cette crise sanitaire va nous occuper un temps certain...

Mais, à bien y réfléchir, nos actualités se suivent et se ressemblent bien souvent. On a déjà eu la crise de 1929, celle du début des années 1970, puis des années 80, en pleine New Wave british! Quoi de plus normal que de laisser un peu de place pour celle du début des années 2000!
Début du 20e siècle, grippe espagnole. Début du 21e: grippe aviaire... Et maintenant un nouveau vecteur de mort! Allez hop!

Tout ces faits nous rappellent à une chanson des Beatles: "A day in the Life". Le narrateur y vit les événements de la vie environnante de manière presque désabusée. Car, comme il le chante, le livre a déjà été lu, et le film déjà vu.

C'est donc cela que nous vivons: un perpétuel déjà-vu. Alors pourquoi notre présent est-il si brumeux?

dimanche 3 mai 2009

Sur un air symphonique.

Précédemment dans "Sur un air de..."
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"- Est-ce que cela vous dérangerait de passer sur Radio classique, s'il vous plaît, monsieur?
- Du tout", répond poliment le chauffeur de taxi en tapotant, presque au hasard, sur sa radio les chiffres de ma station phare.

101.1 indique l'engin radiophonique. Et Beethoven en fond sonore qui vient de débuter sa traversée poétique. Je ne sais pourquoi ce morceau est mon préféré du répertoire classique. Un répertoire que j'affectionne parmi tant d'autres et qui arrive à susciter quelques émotions de ma part. Ce qui, il faut le dire, et je peux bien vous le confesser, est assez rare.

Je crois reconnaître le Philharmonique de Vienne tandis que je me saisis des journaux que la réception de l'hôtel m'a laissé pour rejoindre CDG. Alors que je vois la Une du Figaro et conjointement celle du Monde, j'entends les sons instrumentaux monter crescendo. Après le Mi, d'autres notes connues. Ce commencement est langoureux au fur et à mesure que je découvre les gros titres parisiens. Je me laisse bercer alors que nous approchons de Gare du Nord. Déjà! La circulation est fluide et inhabituellement absente en ce matin brumeux. J'aurai, ainsi, plus rapidement les pieds dans l'avion qui me mène ailleurs.

Le morceau se veut Allegretto. Huit minuit 08 de bonheur et de paix. Me voyant certainement contemplatif, le chauffeur n'ose aucune sortie ou question banales. M'a-t-il reconnu, d'ailleurs?

Un nouveau mouvement vient de débuter. Les sons se font plus forts. Plus intenses. Je savoure. Chaque note m'envahit, m'appartient. Si seulement cela pouvait durer la vie entière. Mais, je sais que d'ici deux ou trois minutes, nous passerons à autre chose. Mouvement continu et perpétuel. Je ne garderai jamais qu'en moi-même cette Septième symphonie. Merveilleuse.

Circulant à vive allure, nous approchons de Roissy. Les morceaux se sont succédés, sur la radio, comme les avions qui décollent au pas cadencés dans le ciel francilien. Et, je ne sais pour quelle raison, alors que nous arrivons à vue des terminaux et déposes-minute, le chauffeur se penche rapidement vers sa boîte à gants pour en sortir une pochette jaunâtre. De manière toute aussi fluide, il en extrait un C.D. usé, on peut le voir, pour le glisser dans l'autoradio. Sourire en coin, dans le rétroviseur.

Mi, mi, mi, mi, mi... L'automobile s'arrête à sa place réservée. Mon hôte sort sans mot dire, va chercher ma valise, m'ouvre la porte et me gratifie d'un "Bon voyage, monsieur. Que Carlos Kleiber vous accompagne encore pendant de longues minutes". Interloqué, je remercie cet homme bon et lui sers la main, machinalement.

Ainsi, je quitte la turpitude de cette capitale aimée avec les sons de cette symphonie en La majeur. Et sans accroc, aujourd'hui. La musique adoucit...

Quoique.

samedi 2 mai 2009

Sur un air des "Limites".

Précédemment dans "Sur un air de..."
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Le carrousel du Louvre m'a toujours plongé dans une espèce d'état de contemplation. Pourtant, ce n'est pas encore le musée, ni même d'une beauté fulgurante. Cet endroit me fascine, quoiqu'il en soit. Sûrement pour sa proximité des vieilles collections sculpturales ou pour ce qui se trouve au dehors: cette pyramide puissante et translucide. Quoiqu'il en soit, ce soir, je suis ailleurs. Déjà loin et à des années lumières de ce cocktail un peu trop guindé et encore sans intérêt. Mais nécessaire.
Ces lieux manquent de musique, à mon humble goût. L'organisateur de la soirée, connaissant mes inclinations, aurait pu faire un effort. En le croisant, tout à l'heure, je lui ai fait la réflexion. Il m'a regardé, ahuri, et m'a lancé un "Tu crois franchement que je vais payer pour ça?". "Ca", c'est donc la musique. Moi qui l'estimais...

Quelques coupes de précieux nectar m'ont orienté, logiquement, vers une chanson de la nouvelle vague française. Comment n'y ai-je pas pensé plus tôt, me suis-je martelé. Etait-ce donc de l'ironie ou un quelconque cynisme amical? Ou bien une perche tendue. Je me suis alors repassé et ressassé toutes les paroles. Par cœur. Etrange...

Voulant prendre un peu de champ, je passe de galante manière à travers la foule. Quelques connaissances me reconnaissent, me saluent gentiment, je réponds tout aussi gentiment pour arriver jusque vers l'organisateur de cette supercherie amusicale. "Ecoute Philippe, je dois y aller. Demain, je vais quitter Paris, alors à une prochaine fois..." Chaude poignée de main, sourires en coin, je décide de sortir et de m'extraire de cette ambiance.

Alors que je sors de la Cour Napoléon, je me retrouve face à cette pyramide axée parfaitement sur la place. Le froid hivernal a découragé les touristes et autres noctambules. Bientôt minuit. Je descends rapidement les marches. "Je dépasse aisément toutes les limites quand je commence..." accompagne ma virée avant de rentrer à l'hôtel. Rapidement, j'aperçois de près l'Arc de triomphe du Carrousel. De part et d'autre, l'Histoire et la France victorieuse. Nulle âme qui vive. Choisissant un banc en pierre, je m'installe pour admirer l'endroit. Contemplatif et heureux. J'entrouvre ma veste pour dénouer mon nœud papillon. Libéré. "Hé, je ne rêve pas, je sais quand j'arrêterai", me rattrape. Pas si sûr. Je m'imagine tous les rythmes de cette invitation. Fermant presque les yeux pour me figurer toutes ces paroles, j'entends soudain une voix qui vient troubler mon repos.

Un mètre 65, tout au plus. Sombre, casquette de côté, baggy large, il m'interpelle. Dans un premier temps, je ne comprends rien. Quoique alcoolisé, un minimum, je ne me figure rien de ce qui sort de cette personne. Je tends l'oreille, demande une répétition, alors que je sais très bien où le bougre veut en venir. "Non, je n'ai pas de cigarette", lui réponds-je poliment. "Tu veux pas du shit", m'assène-t-il. La goutte de trop. Je lui renvoie un "Non, désolé, je n'en veux pas et je ne fume pas"... Tournant vite les pieds, il part en direction du jardin des Tuileries, probablement pour proposer ailleurs ses services.

Dans un mouvement d'ensemble d'une fluidité parfaite, je me relève. Mon noeud papillon voguerait presque dans l'air. Je prends mon ex-interlocuteur en chasse, en silence. Arrivant à me glisser à quelques mètres, puis tout près, j'écoute sa respiration courte et saccadée. La nuit est ma plus fidèle alliée. J'embrasse son cou jusqu'à entendre un doux craquement. Arrêtant mes pas, je le retiens pour qu'il ne s'effondre pas comme une vulgaire chose. "J'aime en faire des tonnes, ça irrite" m'accorde le chanteur avant de me signaler "Je vais payer pour ça..."

"Quand je commence, je finis le travail proprement", alors je propulse le corps dans quelque fourré abandonné. Cela ira bien pour cette nuit.

Minuit trente, il me faut rentrer. Avant de traverser Rivoli, je sors ma pochette de smoking pour nettoyer, aisément, mes chaussures salies par la poussière blanche des lieux de mon forfait. Parfait en tout temps, en toute circonstance, je franchis le seuil de l'Hôtel du Louvre. Le réceptionniste m'accueille et me salue d'un "Bonsoir monsieur" respectueux que je lui rends.

Demain, "je vais quitter Paris. Je sais, après, je vais payer pour ça. Ouais, je vais payer tout ça."

Pas si sûr.

jeudi 30 avril 2009

Sur un air de "J'veux du cuir".

Précédemment dans "Sur un air de..."
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Pigalle, dimanche soir. Exténué, je descends par la rue Houdon pour laisser libre course à mes pas. Presque fébrile et en silence. Les voitures ont déserté l'arrondissement. Fermé, presque capitonné pour cause de grippe porcine. Etrange après tout. Au loin quelques trompettes. Elle se rapprochent. Et viennent jusqu'à tambouriner mes tempes. "J'veux du cuir. Pas du peep-show, du vécu... J'veux du cuir." m'envahit. Ces quelques mots de Souchon m'entraînent. Ailleurs. Et ici.

Dans ce cinéma pourri du quartier, je décide de m'assoir. Ni trop près, ni trop loin de cette toile blafarde aux couleurs mal dégrossies. Vestiges de temps oubliés, à des années lumières d'aujourd'hui. Seul, je savourerai presque ce moment entre deux gémissements portés à l'écran et lâchés par quelques hauts-parleurs au son criard. Rien ne va dans cet endroit glauque. Qu'y fais-je, d'ailleurs?

Voici Souchon qui me rattrape avec son "J'veux des gros seins, des gros culs. J'veux du cuir..." tandis qu'un homme sans âge, ni présence vient hanter mon lieu que je viens de sacrer. Il siffle ma chanson. Je l'entends presque fredonner "J'veux du cuir. Sade, Shade et Suzy Q." Tendant l'oreille, entre deux souffles de jouissance feinte et mal jouée, je me confirme qu'il me vole toute ma nuit.

Il se pose au premier rang. Exerçant mon ouïe à plus d'effort, je le vois persifler. Et braguette baissée, je l'observe dans sa démarche. Alors, sans bruit, je quitte mon siège et m'avance jusque vers le deuxième rang. Les banquettes levées facilitent ma progression jusque derrière ce goret qui m'assassine Souchon jusque dans ses mouvements frénétiques.
Ne pouvant en supporter plus, je glisse ma main dans la poche intérieure de mon veston. "Am'nez le shout, l'éther. Les lames de rasoir, les tubes de colle." Mon esprit est inondé tandis que je plonge, sans un regard en arrière, la lame finement aiguisée dans la carotide de mon voisin. Il geindrait presque en se vidant.

Apaisé, je me retourne pour quitter cette salle maintenant souillée. En passant près de l'entrée brumeuse et sans lumière, je salue l'ouvreur en renouant ma cravate. La chanson reprend en moi-même. "Le monde est glauque et ça s'écrit..." conclut presque le chanteur. Je souris en regardant l'enseigne clignotante des lieux: Au cul. Et termine mon chant de guerre intérieure par "G2LOQ, mon ami..."

Rassasié.

dimanche 26 avril 2009

Sur un air de "Marcia baila".

Encore une nuit noire. Encore une balade en solitaire. Las, je m'aventure, d'un pas décidé, dans le parc Monceau. Ma tête répète les rythmes des Rita. Marcia Baila chante Ringer.

Je m'enfonce un peu plus dans ce parc si peu éclairé et n'y croise âme qui vive ou respire. Il est tard, il est vrai. Au fur et à mesure de mes pas, je m'étonne à claquer des doigts. Mes enjambées se font plus larges et étendues. Personne ne regarde, je peux donc me laisser aller. En paix.

Dans une allée, je dodeline et esquisse un pas chassé. A quelques mètres, un banc. Et surprise d'un samedi soir: une petite vieille semble s'éteindre sur la croute que l'on imagine verte du dossier public. M'approchant, je m'aperçois qu'elle me regarde. La bougresse. Et elle se moque en plus. Ses yeux brillent dans la nuit et ses rares dents éclatent sous la lumière lunaire. C'en est trop.

Je m'approche d'elle pour tenter de comprendre. Pourquoi ris-tu vieille femme? Elle ne veut répondre et persiste dans sa moquerie sélénite. J'entends, au dedans, encore et toujours les rythmes frénétiques de Marcia. Elle danse.
J'approche mes mains, en même temps, de la vieille. Je tends et sers de toutes mes forces. Allez danse. Danse! "C'est la mort qui t'a emmenée", chante et tambourine Catherine.

Un dernier souffle accompagne la dernière pression conjointe de mes mains. J'ai à peine transpiré en sentant les rides de ma compagne qui vient de verser sur le côté.

Je reprends ma marche dans la quiétude de ce parc abandonné de toute présence. A part la mienne et celle de Marcia. "La mort c'est comme une chose impossible". Je souris et prends le chemin de la sortie de ce petit coin de verdure. Comment sera demain? Le banc s'écaillera-t-il un peu plus?

"Marcia..."

samedi 25 avril 2009

Whack your boss...

Vous êtes énervé par votre chef au bureau. Votre patron vous a sucré vos stock-options ou refusé une journée de RTT, nous avons une solution pour vous!

Cette solution se trouve sur le site www.whackyourboss.com

Prenez la place d'un misérable cadre vivant loin du paradis fait open space et confiné au sein d'un bureau exigu. Là, votre chef vient vous réprimander suite à de piteux résultats, et bla, bla, bla... A l'aide de votre souris, saisissez-vous d'un mug, d'une agrafeuse (voir captures) ou de l'écran de votre ordinateur pour faire taire l'insolent. Et passer vos nerfs. Car, oui, il y a des colères saines.

Pour terminer en beauté, infliger l'ultime coup de grâce en agrafant la tête de votre patron récalcitrant. Sur un air d'Ave Maria, ça apaise et permet de faire le vide. Et de reprendre, à l'issue, une activité normale.

A la mode Twitter #4.

Réveil trop tard. Ciel gris, triste. Match nul, la veille. Espoirs de haut de podium out. Un petit espoir se profile, d'un point de vue cinématographique. Entre brume électrique et vague... Et puis, du repassage, évidemment!