mercredi 15 juin 2011

Lettre au député Christian Vanneste.

Monsieur le député,

le mardi 14 juin dernier, vous avez pris part au vote de la proposition de loi visant à ouvrir le mariage aux couples de même sexe. Bien évidemment, vous avez voté « contre », comme on pouvait s'y attendre, et comme 268 autres élus du groupe UMP, du reste. Jusque là, rien de bien étonnant ; chaque élu votant en son âme et conscience et selon ses convictions. Je respecte cela.

Cependant, suite à ce scrutin, je dois vous dire que j'ai été choqué (une fois de plus) par vos propos. Permettez-moi de reproduire quelques bribes de votre logorrhée. 

« Je ne vois pas en quoi l'Assemblée nationale doit s'intéresser à une aberration anthropologique. Il n'y a que deux sexes, les hommes et les femmes. Et la société doit assurer sa pérennité par le mariage des hommes et des femmes. Le reste, c'est une question de mode, liée à quelques lobbies qui ont manifestement beaucoup de pouvoir ».

Je ne voudrais pas verser dans l'explication de texte, mais quand même, prenons un peu de temps. La question initiale n'était pas de savoir s'il y avait un troisième sexe, ni d'élaborer une théorie religieuse de la question du mariage, mais bien de parler d'égalité des droits. Car, que je sache, les citoyens français doivent avoir les mêmes droits et devoirs (cela coule de source) quelle que soit leur orientation sexuelle.

« Ce n'est pas parce que quelques personnes ont des comportements, disons 'curieux', que forcément la société doit s'en préoccuper. (…) C'est du plaisir sexuel, c'est du divertissement, de l'affection. En quoi cela intéresse la société? La société s'intéresse au mariage dans la mesure où il est lié à la procréation dans la majeure partie des cas ».

En vous lisant, je suis bienheureux (sic) de voir l'image que vous avez des homosexuels. Cela ne m'étonne que guère, une fois de plus. Car, vous êtes connu pour vos prises de position quelque peu cavalières sur la question. J'en viendrais presque à croire que vous ne connaissez pas d'homosexuels.

Et pourtant. Et pourtant, il y a parmi ceux-ci certains de vos électeurs, vos médecins, vos soldats qui luttent pour les intérêts de la France en opérations extérieures, vos professeurs des écoles, et j'en passe... Que pensent-ils ces citoyens « curieux » de vos déclarations ? Je vais vous apporter un début de réponse, toute personnelle.

Eh bien, monsieur le député, je pense que vous ne faites pas honneur à votre fonction de représentant du Peuple. Je me dis aussi que vos propos sont d'un obscurantisme hallucinant.
Oui, monsieur le député je suis un de ces Français que vous représentez. Vous êtes mon élu et un sentiment de honte et de colère m'envahit à chacune de vos interventions en rapport avec l'homosexualité.

Une chose est sûre, monsieur Vanneste, vous n'êtes pas un héritier des Lumières. Ainsi, j'espère que vous n'occupez pas, dans l'hémicycle, la place d'un de ces députés qui fit, jadis, la grandeur de ce Palais.

mardi 14 juin 2011

Ode à Odeline.

Chère Odeline,

cet après-midi, j'ai reçu l'appel téléphonique d'un bon ami. Ce dernier me demandait d'aller urgemment et tout aussi prestement consulter mes courriels (d'aucuns apprécieront...). Comme cet ami est bon comme du bon pain, j'ai ouvert, derechef, une fenêtre vers le néant de l'Internet pour aller voir. Voici ce que j'ai pu y lire : 

" coucou
bon comme je suis timide et que je le connais pas, j'ose pas intervenir, mais tu peux dire à Mona Silva (l'identité a été changée, NDLR) qu'on écrit
autant pour moi et non pas au temps pour moi !!!! mairçi... ;-)
ça doit venir de "au temps emporte le vent" !!!! mouarf mouarf

Ps : tu auras bien entendu compris que "
mairçi" a été écrit volontairement avec une erreur!!"

Cet ami que j'estime m'a alors demandé de t'écrire une réponse, car, in fine, tu es dans le faux ma chère Odeline (là aussi le prénom a été changé), navré de te le dire publiquement. 

En effet, on écrit bien (et surtout) "au temps pour moi" et non "autant pour moi". Encore que cette dernière mouture soit tolérée, de nos jours, mais il y a bien souvent des Ô et débats sur la question. Cependant, en tant que puriste, je la refuse si ce n'est la réfute (non mais!). 
Pour te la faire courte, l'expression originelle vient du langage militaire (lire et regarder ici).
Elle a des manies ma nana...

J'espère t'avoir convaincue. 

Bien évidemment, je ne suis pas à l'abri de commettre quelque crime orthographique et c'est bien là mon moindre défaut. Nonobstant, étant un amoureux de notre langue, j'essaye d'être vigilant. Je te prie de croire que lorsqu'il m'arrive d'user (voire abuser) d'expressions surannées, je fais toujours en sorte que cela soit à bon escient et avec la bonne graphie, si ce n'est le bon temps.

Essaye donc de me piéger, et de me prendre au mot (laule), avec cette espèce d'usage du "Après que..." ou du "malgré que..." (sic!) ; on en reparlera. Mais évidement, ça c'est une autre histoire.

Allez sans rancune Odeline. 

Je dois filer, Eugénie vient de tomber de poney !


Signé : Un amoureux des mots.
P.S. : j'espère n'avoir fait aucune faute, sinon je te dis pas la honte !

samedi 11 juin 2011

A quelques pas des Limbes.

Voilà, je viens de terminer une aventure ailleurs. Cet ailleurs, où je laisse 100 lettres regroupant 23.140 mots, 128.596 signes, le tout tenant sur 39 pages. Des lettres destinées à une personne qui compte. Si proche mais si loin. 


jeudi 26 mai 2011

Lettre à Brigitte Barèges.

Madame le député,

j'ai lu, ce soir, dans "Libération" un extrait de vos propos sur le mariage homosexuel. Dits, selon vous, sur le ton de la plaisanterie. Propos que vous semblez vouloir retirer quand on lit votre communiqué de presse.

Madame, vous êtes mon élue car représentant l'ensemble des Français et non pas seulement ceux de votre circonscription du Tarn-et-Garonne. A cet effet, je puis vous dire que vos propos me choquent.

Ces propos, même déclamés sur le ton de la plaisanterie me heurtent à plus d'un titre.

1. Vous êtes une élue du Peuple et vous exercez de hautes fonctions au sein de notre belle République. Aussi, j'attends de mes représentants un peu de classe et de savoir-vivre (peu m'importe leur étiquette).
Que je sache, l'Assemblée nationale, où des Grands ont siégé avant vous (ne l'oubliez jamais!), n'est pas le "café du commerce"! Ainsi, ces propos de coin de zinc n'ont, à mes yeux, par leur place dans cette noble Maison. Maison, qui, quelque part, est un peu la mienne, du reste.

2. Vouloir se dédouaner en mentionnant que vos propos étaient en fait une facétie est un peu facile. Si l'on suit ce raisonnement, d'aucuns pourraient se vanter qu'ils ont telle ou telle opinion d'une minorité ethnique (par exemple) pour aussi sec dire "Ah oui, mais non, je disais cela pour rire, vous savez..." Objection madame le député ! Doublement objection !

3. Votre défense aujourd'hui c'est l'attaque et revient à dire, en substance, que la Gauche utilise vos propos, sortis de leur contexte, pour passer sous silence telle ou telle affaire. Une fois encore vous cédez à la facilité. Assumez bon sang !
Est-ce si difficile d'écrire ou de dire "Oui, j'ai commis une faute en m'exprimant mal et de manière obscène (si, si...). Je tiens à m'excuser auprès de l'ensemble des Français que je représente. Cela ne se reproduira plus." Fatalement, car vous êtes de Droite et la Gauche est la Gauche, il est de bon ton de taper sur l'adversaire pour alléger un peu sa peine. Une fois encore : Objection !

Madame le député, je tiens à vous dire que oui je reste choqué par vos déclarations. Quand bien même fussent-elles lancées lors d'un débat à huis-clos et entre parlementaires. C'est bien là le problème, au fond. Vous avez manqué de retenue, de savoir-vire (ensemble) et d'esprit d'analyse voire de finesse. Car, vous saviez que des élus d'opposition étaient présents et qu'ils seraient à l’affût d'une faute. Vous êtes tombée dedans. Nul !

Pour terminer, ne vous déplaise, jamais je ne m'adonnerai aux "joies" de la polygamie, ni à la fornication avec des animaux et encore moins à une union avec, car même si j'aime énormément les chats de mes parents, il ne faut pas pousser... J'espère ne pas trop vous décevoir.

Un Français qui se demande si on est vraiment en 2011.

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Crédit photo: D.R.

samedi 21 mai 2011

Chronique de la vie au bureau #9.

Hier, vendredi, j'avais cours d'anglais. Oui, la Boîte nous permet de prendre 1 heure 30 de perfectionnement dans la langue de Shakespeare par semaine. C'est plutôt pas mal, vivant, tout ça, tout ça.

Hier donc, j'avais cours à 11 heures. Bon, je me suis pointé avec 15 minutes de retard, sauvant de son sacerdoce une collègue qui était en tête-à-tête avec le prof. Bon, quelque part, ça tombait bien car c'était son chouchou, Ross, qui assurait la prestation (grand brun ténébreux, anglais, 22 ans). Gisèle (le prénom a été changé), elle, elle a plus de 50 piges (je pense... au vu de sa  moustache, notamment...).

Nous avons donc poursuivi ce cours à trois. Et puis, au bout d'un moment, je ne sais plus trop de quoi on parlait, mais ça a valu son pesant de cacahuètes... En effet, Ross se tourne vers elle et lui pose une question somme toute anodine:
"- Gisèle, do you have children ?
- Yes, I have a son, répondit-elle après avoir pris une inspiration et de rajouter, but he's dead..."

Je vous passe l'affront de la traduction ; je ne sais pas quelle tête j'ai dû faire (j'étais assis face à Ross et Gisèle était à ma gauche), toujours est-il que Ross, sans se départir de son flegme tout british a présenté une rapide excuse (du genre, Oh I am sorry...) et a tout de suite embrayé sur une autre question beaucoup moins personnelle... L'incident était ainsi clos. Oufff.  

Weird, vous avez dit weird ?

lundi 16 mai 2011

Quelque chose de pourri...

Je viens de voir les images de la comparution de Dominique Strauss-Kahn devant sa juge new yorkaise. Les images retransmises par toutes les télés sont dures en plus d'être d'une apparence surannée.

Mon court propos ici n'est pas de jouer les inquisiteurs ou les juges, encore moins d'accréditer telle ou telle thèse, ou de prendre position par rapport à ce dernier. 
Cependant, cette affaire est douloureuse, et par bien des aspects. En sus d'être délicate.

Car, Dominique Strauss-Kahn n'est pas n'importe qui. Candidat putatif à la Présidence française, patron du Fonds monétaire international et homme politique renommé, on s'attendait bien à tout, sauf à cette histoire.

Aujourd'hui, à New York, devant sa juge, DSK était un justiciable comme les autres. Soumis aux mêmes lois, aux mêmes obligations et aux mêmes devoirs que n'importe quel Américain. Mais, devant cette juge, on a vu un homme abattu, ombre de lui-même. Comme s'il assistait à sa mise à mort en direct. Propre témoin de son "jugement dernier".

Ce soir, il est permis de se poser cette question : comment en est-on arrivé là ? 

Apportons, à toute fin utile, une réflexion sur l'avenir : "Selon que vous serez puissant ou misérable, les jugements de cour vous rendront blanc ou noir."
Demain...

jeudi 12 mai 2011

Ailleurs 3.

30 pages, 18 313 mots, 101 851 caractères et 1752 signes... Et une grosse claque, sur un air de "I go to sleep"... Je n'avais pas compris les paroles (sic)... 

Me voici donc comme un con à me demander si je dois lui envoyer ou non cette missive. La 72e... Si je m'écoutais, je l'aurais déjà fait, mais je ne veux pas blesser... ni qu'on m'en veuille encore plus...

Paye ton dilemme du jeudi soir !

A la revoyure... I go to sleep...

jeudi 5 mai 2011

Ailleurs 2.

27 pages, 16 376 mots, 90 927 signes et 1 584 lignes... Voici le bilan de 65 jours... Ailleurs.

Pourquoi il faut aller voir "La Solitude des nombres premiers".

Hier soir, je suis allé voir "La Solitude des nombres premiers" (LSDNP). Et autant vous dire, que ce n'était pas du tout-cuit de prime abord. Je vous explique.

Il y a une dizaine de jours, en gros, j'étais au ciné pour admirer je ne sais plus trop quelle  oeuvre filmique (sic). Et pan, bande-annonce de "LSNP" ! Pendant un peu moins de 2 minutes, j'en ai pris plein les yeux et la tête, tant et si bien que je ne savais pas quoi en penser. Mon premier réflexe a été de me tourner vers l'ami qui m'accompagnait avec un air dubitatif, comme pour commencer une critique acerbe. Et puis, une autre bande-annonce a fait son office, me coupant l'herbe sous le pied. 
Le lendemain, nouvelle séance, et nouveau teaser de "LSDNP". Et toujours cette bande son jouant Kim Carnes et son "Bette Davis Eyes". Petit à petit, j'en suis tombé amoureux de ce film, ou de sa bande-annonce tout du moins. J'étais comme subjugué, car ce qu'on m'avait montré pendant un peu moins de deux minutes m'avait plongé dans un certain malaise. Si ce n'est un mal-être. Il était donc évident qu'il fallait que j'aille voir ce film et tout faire pour ne pas passer à côté. Je devais me faire mon idée et vivre cette expérience. Voici pour la genèse du pourquoi et du comment.

Hier soir, donc, je suis allé voir "La Solitude des nombres premiers", en étant accompagné d'un autre ami qui m'est cher. Avec lui, je savais qu'en cas de décrochage je pouvais compter sur ses lumières cinématographiques et son intelligence, car le petit en a dans la caboche. Bref.

Que vous dire sur ce film qui dure la bagatelle d'une heure 58 ? Quelques longueurs, bien sûr. Mais, wouah, quel film ! "LSDNP" est de ces films auxquels on repense le lendemain de leur visionnage, même après une bonne nuit de sommeil. Parce qu'il a la faculté de vous transporter et de vous faire cogiter. Certes, on ne remet pas tout en cause, mais on réfléchit.
"LSDNP" c'est un peu l'histoire de deux autistes amoureux. Une drôle d'histoire bizarrement construite à l'écran, mais qui trouve son sens, in fine.

Que vous dire pour vous encourager à aller voir cette "Solitude"? Si ce n'est que c'est beau et que cela en vaut la peine. Parce que c'est un film où on vibre, où on souffre et où on vit, car les personnages sont beaux, sans aucun fard et totalement nus. Et surtout parce qu'il y a toujours une place pour l'optimisme...

dimanche 1 mai 2011

1er mai - 11 heures 35.

Hier soir, je vous écrivais n'avoir goût à rien, être creux de l'intérieur. Etc. Et puis, ce matin, un courriel reçu de loin. De très très loin. Des mots simples, des pensées aussi. Et une initiale. Une des plus belles lettres de l'alphabet. 

Comme le chantait je ne sais plus qui, il suffisait de presque rien. Pour se sentir à nouveau les pieds sur Terre et espérer. Qu'un jour tout ira mieux. Parce qu'au fond, on est des mecs bien.